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Côte d’Ivoire : De graves dangers pour les Consommateurs de la chicha- Un Médecin fait des révélations troublantes

La chicha, appelée « narguilé », « narghilé » ou « hooka », est une pipe à eau de taille variée, destinée principalement à fumer du tabac ou de l’essence de fruits. Sa consommation a gagné du terrain en Côte d’Ivoire. Notamment à Abidjan, la capitale économique. Cette autre forme de fumer, en dehors de la cigarette, est devenue le quotidien des jeunes filles et garçons des communes d’Abidjan, que newsivoire.net a sillonnées.

Cocody, Marcory, Abobo, Koumassi, Adjamé sont les communes où la consommation de cette substance tant prisée par les jeunes a atteint son paroxysme. A Cocody Saint-Jean, non loin d’une pâtisserie, un espace a été aménagé pour accueillir les consommateurs de la chicha. Il est un peu plus de 15h, le samedi 4 septembre 2021, lorsque nous arrivons en ce lieu.

Nous remarquons une forte présence de jeunes filles et garçons dont l’âge varie entre 15 et 20 ans, assis par groupe de trois voire quatre, et qui s’adonnent à la consommation de cette substance. Sans autre forme de procès, nous approchons ces jeunes pour savoir ce qui les amenés à fumer cette substance.

« Nous nous retrouvons pratiquement ici chaque soir pour fumer de la chicha. C’est un passe-temps. La journée, chacun vaque à ses occupations et le soir, nous nous retrouvons pour échanger et fumer un peu. Ça enlève un peu le stress de la journée. Cela fait deux ans que je fume et ça met à l’aise », lâche Konaté Boubacar. Puis d’ajouter : « Avant, je fumais la cigarette. Je pouvais fumer un paquet voire un paquet et demi par jour. Je dépensais assez d’argent. La cigarette me faisait beaucoup tousser. Mais depuis que j’ai commencé à fumer ce tabac, plus de toux. Contrairement à la cigarette où tu peux trainer l’odeur pendant des heures, cela n’est pas le cas quand je fume cette substance ». M. Koné confie que l’argent débourser pour fumer le chicha n’est pas élevé.

A Marcory-Hibiscus où nous déposons nos valises dans un lieu où se vend cette substance, c’est le gérant de l’espace qui nous reçoit. Aucun client n’est visible. Après les salutations, les échangent débutent.

« La majorité de mes clients pointent du nez aux environs de 22h. C’est ce qui explique ce vide quand vous êtes arrivé. Je peux recevoir 30 à 40 clients par jour quand ça marche. Les samedis, c’est un peu plus. Il m’arrive surtout les samedis, de quitter ici à 5h du matin. Ma recette s’évalue entre 50 à 70 mille Fcfa. C’est un business qui rapporte beaucoup d’argent », laisse entendre Seri Pacôme.

A Abobo, non loin du 15e arrondissement, se trouve un espace devant un bar où nous échangeons avec des fumeurs de la chicha. Tous affirment que « c’est du bon».

« Depuis que j’ai fait la connaissance de cette substance, j’ai arrêté de fumer la cigarette. Par le passé, je pouvais fumer une tige de cigarette chaque 5 minutes. Une seule dose de la chicha me suffit toute la journée », fait savoir notre interlocuteur.  

Fofana Abdul, pour sa part, révèle que ses amis qui fumaient la cigarette ont tous porté leur choix sur la consommation de la chicha, au détriment de la cigarette.

Les communes de Koumassi et Adjamé, des accros de la chicha, dans différents lieux de vente, ont fait savoir que cette substance est « la meilleure ».

                       Les dangers de la consommation

Face à la forte consommation de la chicha par les jeunes,nous avons approché Dr Brou Sébastien, un spécialiste de la santé, pour savoir les risques auxquels s’exposent les fumeurs de cette substance.

Au cours de nos échanges, le praticien a clairement indiqué que la consommation de la chicha a un impact négatif sur la santé des consommateurs.

« Fumer de la chicha, c’est mettre sa vie en danger deux fois. Le filtre qui sert à fumer ne peut en aucun cas diminuer le taux de nicotine dans le sang. Cet instrument est un canal de transmission de maladies virales comme la tuberculose, l’hépatite B…, étant donné que ce sont plusieurs personnes qui utilisent le même filtre pour fumer. Fumer de la chicha augmente le risque de cancers, de bronchites chroniques et de problèmes cardio-vasculaires. La sensation parfumée agréable est trompeuse, car les fumeurs n’ont pas idée de la quantité de produits toxiques inhalés et de leurs effets nocifs à long terme », a laissé entendre Dr Brou.

Le spécialiste de la santé de faire cette révélation troublante : « Une cinquantaine de bouffées de chicha sur une durée moyenne d’une heure, est équivalente à deux paquets de cigarettes. Le monoxyde de carbone présent dans la fumée de la chicha est en quantité 7 fois supérieur à celui présent dans la fumée d’une cigarette. La fumée d’une chicha contient autant de pollution au monoxyde de carbone (Co) qu’environ 15 à 52 cigarettes et autant de goudron que 27 à 102 cigarettes. Sa teneur en chrome, cobalt, plomb et nickel est plus élevée que celle de la fumée de cigarette. De plus, un millilitre de fumée de narguilé contient plus d’un million de microparticules. Comme toutes les fumées de substances organiques qui brûlent, celle de la chicha libère lors de la combustion, près de 4000 substances chimiques».

C’est dire qu’au-delà de la sensation de plaisir que pourrait procurer la consommation de la chicha, cette substance peut avoir à court ou moyen terme, des conséquences négatives sur la santé de ceux qui en raffolent.

Les autorités sanitaires feraient mieux de prendre le taureau par les cornes en réglementant la consommation de cette substance, si elles ne peuvent pas la supprimer.

Réalisée par

Christian KOUAME

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