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EDITORIAL: Recomposition politique

Le microcosme politique en Côte d’Ivoire, progressivement, est en train de changer de configuration.

Le retour en Terre d’Eburnie de l’ex-président Laurent Gbagbo et la création par ses soins d’une nouvelle formation politique dénommée ‘’Parti des Peuples africains-Côte d’Ivoire’’ (Ppa-Ci), en lieu et place de Front populaire ivoirien (Fpi) qu’il avait fondé et qui lui avait permis d’accéder au pouvoir en 2000, sont des éléments qui sont en train de modifier profondément la carte politique en Côte d’Ivoire.

Avant donc la présidentielle de 2025, on assiste à une recomposition de l’échiquier politique, avec entre autres, des rapprochements et des alliances.

Si d’un côté, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda) de l’ancien président Henri Konan Bédié et le nouveau ‘’bébé’’ de Laurent Gbagbo vont certainement demeurer dans l’alliance scellée avec Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (Eds), désormais absorbée par Ppa-Ci ; de l’autre côté, le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), parti dirigé par le président de la République Alassane Ouattara, est en passe d’avoir comme allié, le Front populaire ivoirien (Fpi) de l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’guessan qui, lui, est déterminé à en découdre avec son ex-mentor Laurent Gbagbo.

Autour de ces deux grands blocs, se situent des formations politiques telles que l’Union pour la Démocratie et pour la paix (Udpci), l’Union républicaine pour la Démocratie de Danielle Boni Claverie, qui pourraient, soit rejoindre les deux blocs susmentionnés, soit s’affirmer à travers une candidature à leur niveau.

Il y a aussi une alliance qui n’est pas à exclure. Il s’agit de celle de Guillaume Soro, ex-président de l’Assemblée nationale et Président de Génération et Peuples solidaires (Gps-mouvement dissout par la justice ivoirienne), et de Charles Blé Goudé, président du Congrès pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) et ex-ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo. Tous les deux ont en commun le fait qu’ils ont été Secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) et qu’aujourd’hui, ils sont en exil et ne sont plus en odeur de sainteté avec leurs anciens mentors Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo.

Ces deux personnalités qu’on situe dans la nouvelle génération, pourraient se mettre ensemble pour tenter de rebondir au niveau politique et envisager de conquérir le pouvoir d’Etat.

Par ailleurs, l’ex-Première Dame de Côte d’Ivoire, Mme Simone Ehivet Gbagbo, qui a ouvertement refusé d’être militante du Ppa créé par son encore époux Laurent Gbagbo qui a engagé contre elle un processus de divorce il y a quelques mois, ne manquera pas de jouer sa carte. Elle pourrait officialiser son mouvement politique et sceller une alliance avec un autre groupement politique qui pourrait voir le jour ou qui existe déjà, dans la perspective des échéances électorales de 2025.

Toutes ces chapelles politiques existantes ou à venir joueront le timing nécessaire pour contrer l’adversaire ou pour nouer des alliances-soient-elles contre nature-, en vue de parvenir au pouvoir.

Les Ivoiriens doivent donc s’attendre à des revirements spectaculaires, des piques et philippiques, des coups bas, des dérives de tous ordres et autres vilenies qui sont devenus la marque déposée des politiques au pays d’Houphouët-Boigny, depuis 1993. Cela prend forme au fur et à mesure, avec des chassés croisés tous azimuts où chaque camp joue de stratégie pour porter le coup et déstabiliser l’adversaire.

La seule prière qui doit être faite, c’est que la classe politique soit visitée par la sagesse et l’amour du prochain.

Par Roland Le Pertinent

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